EXTRAITS ET CITATIONS


TEXTES TIRES DU RECUEIL

« MOTS POUR MAUX » de Jean-Claude WILD
 

Directeur Général de l’A.C.E.L. de 1974 à 1998 


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Extrait « de la dignité des personnes handicapées mentales... »

Assemblée Générale du 25 novembre 1989 

Exercer dignement le métier d’éducateur

Le métier d'éducateur est empli d’embûches que l'on découvre bien souvent en le vivant. Respecter l'homme handicapé, respecter sa dignité se conjuguent au quotidien.

Cela est dans la toilette que nous devons lui faire plusieurs fois par jour, cela est dans cette fourchette remplie de nourriture que nous lui tendons, cela est dans l'habit que nous lui mettons ou que nous retirons, cela est dans notre exigence ou notre passivité à le ramener et le garder dans la communauté des hommes, communauté que la maladie l'invite le plus souvent à rejeter.

Cela est dans cette relation que l'on est tenu d'établir et dont on ne perçoit bien, ni de qui on la tient, ni vers qui on la porte.

Cela est enfin et surtout dans le fait que l'on reconnaît l'autre comme sujet désirant, quelle que soit sa différence vis-à-vis de nous, quelle que soit sa capacité à nous gratifier de cette reconnaissance.

Respecter la dignité de la personne handicapée mentale est si évident qu'il paraît inutile de parler du respect de la dignité de l'enfant. Mais alors pourquoi ces meurtres d'enfants, pourquoi ces violences vis-à-vis des enfants, pourquoi ce racisme vis-à-vis des personnes handicapées ?

Pourquoi ? Peut-être parce que tout simplement la différence des autres nous gêne quelque part ; parce qu'elle nous renvoie vers une exigence d'absolu que nous avons depuis bien longtemps refoulée au tréfonds de nous-mêmes et sur laquelle nous avons posé une chape de plomb. 


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Extrait de « Né pour être un être remarquable …. »

tiré du livre « Enfant de droit, la révolution des petits pas »

Colloque national UNESCO janvier 1990 

"Cet enfant m'est confié par son père et sa mère, mon rôle est d'être leur auxiliaire auprès de lui et non de les remplacer. Je suis payée pour cela, et je n'ai sur cet enfant aucun pouvoir. Je peux toucher son corps pour le laver ou l'aider à le faire, pour le soigner si cela est nécessaire, en principe c'est le rôle du docteur, mais je n'ai pas le droit de le battre ou le caresser. Je serai avec lui, le temps de mon travail ; ensuite ce sera Robert qui fera ce que je fais et qui comme moi est payé pour le faire".

Peut-on imaginer une institution qui serait faite pour les besoins de ceux qu'elle accueille ? Bien sûr toute institution se doit de répondre à "un besoin", mais de qui ? de la société en général représentée par l'unité territoriale, - département ou région - ? Besoins des membres de cette société, au nom du dérangement créé par l'existence des handicapés ; besoins des clients qui ont usurpé la place des vrais, les reléguant au rang d'objet. 


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Extrait de « Pas seulement des murs... »

Assemblée Générale du 13 novembre 1993

La liberté

Nous voulons des hommes et des femmes libres et respectés, connus et reconnus, capables d'assumer leur vie quelle qu'en soit la difficulté. Ce ne peut être qu'à la condition expresse de prendre acte de l'entité que constitue celui que nous accueillons, reconnaître qu'il est seul et unique et s'adresser à lui en tant que tel.

Nous ne devons pas craindre pour l'avenir de nos institutions tant qu'elles seront porteuses de l'idée que nous nous faisons des hommes et des devoirs que nous avons envers eux. Le problème de savoir si nos murs sont pleins ou vides, si nous les avons multipliés pour en diminuer les contraintes, pour les ramener à échelle humaine, ne se posera jamais dès lors que nous aurons donné à la société ce pourquoi elle nous paie : la liberté, le respect, le mieux être de ceux qu'elle nous a confiés. Mais gare à ceux qui seraient tentés par les asiles d'antan. 

Liberté, respect, mieux être, dites moi, Messieurs les Financiers, Messieurs les Comptables, à quel compte peut-on imputer ces valeurs en haut de notre bilan ?

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Extrait de « Demain sera un autre jour »

Assemblée Générale du 6 Décembre 1997

Demain sera un autre jour


Ce qui caractérise le présent c’est la prééminence de la personne sur les personnes.

La politique de santé, d’abord, celle de l’action sociale ensuite s’attachent dès maintenant à considérer comme générateur de besoins et donc de dépenses la personne et ses exigences spécifiques et non plus les groupes de personnes mêmes homogènes. L’émergence de techniques et de moyens informatisés performants y est pour beaucoup, mais le fait essentiel tient à l’aspiration même des individus. Or, il se trouve qu’il y a concordance parfaite pour une fois entre les aspirations des individus qui souhaitent garder leur unicité même malades ou vieux, et les payeurs qui y voient la possibilité d’individualiser les coûts en les rapportant à une personne, un médecin traitant ou une institution, et par la même d’influer sur leur montant. Cette démarche n’est pas et ne sera pas sans générer bien des conflits. Faire passer l’argent et donc le pouvoir du soignant au soigné, de l’éduquant à l’éduqué ne sera pas chose facile à accepter et nécessitera une profonde mutation des esprits avant de se traduire en comportements adaptés.


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Extrait « Les contemplations » I, 25.

Victor HUGO (1802 - 1885)

« Par dessus l’horizon aux collines brunies,

Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,

Se penchait sur la terre à l’heure du couchant ;

Une humble marguerite, éclose au bord d’un champ,

Sur un mur gris, croulant parmi l’avoine folle,

Blanche, épanouissait sa candide auréole ;

Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,

Regardait fixement dans l’éternel azur

Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.

Et moi, j’ai des rayons aussi ! lui disait-elle.

Granville, juillet 1836

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Extrait de « Eloge de la différence »

Albert JACQUARD 

« Notre richesse est faite de notre diversité. L’« autre », individu ou société, nous est précieux dans la mesure où il nous est dissemblable ».